Bioxa, un maillon essentiel dans la crise sanitaire

Le Dr Olivier Savin, biologiste médical, président de Bioxa, ici devant la machine dédiée aux analyses des tests PCR.

Plus que jamais mobilisés par la crise sanitaire, les onze laboratoires marnais Bioxa effectuent en moyenne 1 200 tests Covid par jour.

Créés en 2010, les laboratoires Bioxa sont incontestablement devenus, une dizaine d’années plus tard un acteur majeur, incontournable de la biologie dans la Marne. Née de la fusion de deux groupes de biologistes libéraux rémois, les laboratoires Gillard et UniBioReims, l’entité est désormais un groupe qui s’est étoffé au cours des dernières années pour compter pas moins de onze sites à Reims, Epernay, Sézanne et Tinqueux. Depuis son siège de Bezannes, dans les locaux de la polyclinique Courlancy, le Dr Olivier Savin, biologiste médical et président de Bioxa, lève le voile sur une activité qui œuvre dans l’ombre mais qui se révèle, aujourd’hui par temps de crise sanitaire encore plus qu’hier, essentielle dans la chaîne médicale. Spécialisés dans les analyses médicales, les laboratoires marnais assurent en effet tous types de recherches, des plus courantes aux plus pointues, grâce à des machines ultra performantes et à la pointe de la technologie internationale. « Nous avons été les premiers en Europe à signer un contrat pour un automate dédié aux examens d’immunoanalyse et de chimie (cholestérol, marqueurs tumoraux) », précise le président.

En 2019, Bioxa a également fait l’acquisition de deux machines uniques au monde, spécialisées dans la détection, entre autres du diabète. Grâce à une chaîne d’alimentation automatisée et reliée plusieurs machines, Bioxa réalise un maximum d’analyses avec un nombre de tubes de prélèvements divisé par deux, tout en assurant une réduction de la manipulation, une traçabilité complète, une amélioration de la qualité rendue, et une optimisation des délais.

Ainsi, en hématologie (étude du sang et de ses maladies), les machines peuvent réaliser jusqu’à 400 analyses par heure. « Les résultats tombent directement sur le serveur, le but étant d’éliminer au maximum le papier », souligne Olivier Savin. « Mais derrière chaque analyse, il y a un contrôle humain qui est réalisé, que ce soit pour valider un résultat ou vérifier en cas de doute, avant de faire le compte-rendu ».

ANTICIPATION ET RÉGLEMENTATION STRICTE

À Bezannes, le site fait figure de vaisseau-amiral des laboratoires Bioxa avec plus de 70 personnes présentes sur place. Le bâtiment qui a ouvert ses portes en juin 2018 en même temps que la polyclinique a représenté un investissement de 10 M€ pour l’entreprise : la moitié pour le terrain, l’autre moitié pour la construction et l’achat de matériel. « Nous avions même créé les murs et les plans de notre laboratoire 6 ans avant d’emménager ici », rappelle le président. Au total, le groupe dirigé par 12 associés compte pas moins de 16 biologistes et plus de 200 collaborateurs : infirmières, techniciens, secrétaires, coursiers, informaticiens et agents d’entretien, qui participent quotidiennement à l’activité du laboratoire sur les différents sites, et assurent la permanence de l’activité 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Ici, tous les effluents sont neutralisés par thermolyse (destruction des bactéries par la chaleur) avant leur rejet dans les eaux usées. « Quand les produits sont potentiellement toxiques, nous appliquons le principe DASRI utilisé dans le domaine de l’industrie : ils sont stockés à part et éliminés par des organismes spécialisés qui viennent les chercher dans le cadre d’un contrat de maintenance », souligne Olivier Savin. Très réglementé, le secteur de la biologie médicale répond à des obligations strictes et à des évolutions permanentes que les dirigeants de Bioxa ont pris le parti d’anticiper le plus possible, comme le souligne le Dr Savin. « Dans le cadre de la loi HPST (Hôpital, patients, santé et territoire) de 2010, tous les laboratoires publics comme privés devaient être accrédités à l’horizon 2020 pour pouvoir continuer à effectuer des examens de biologie médicaleDe notre côté nous avons lancé la démarche d’accréditation dès 2013, ce qui nous donne aujourd’hui une expérience de plusieurs années dans le domaine ». Une logique qui a permis à Bioxa de répondre immédiatement présent lors de l’arrivée de la crise du Covid et des besoins en tests verbalisés par le Gouvernement et les ARS. En matière de Covid justement, le groupe a acquis une machine d’analyse de tests PCR dès mars 2020. Un automate qui extrait les molécules d’ARN, séquence puis amplifie les trois gènes. « Grâce à cette machine nous sommes capables de traiter 94 patients à la fois, à qui nous pouvons rendre les résultats en trois heures ». Des tests entièrement informatisés et tracés de A à Z.

RÉPONDRE PRÉSENT À LA CRISE DU COVID

« Une quinzaine de personnes est mobilisée sur le Covid à Bezannes et une trentaine de personnes au total sur l’ensemble de nos sites », explique le président qui a dû, pour faire face à la recrudescence d’activité, recruter des infirmières par intérim mais aussi des étudiants en médecine pour les former et les habiliter aux prélèvements Covid. « La crise a évidemment eu une incidence sur notre activité et nous demande de nous adapter en permanence », précise le président. Les tests PCR étant hyper-sensibles, toute la démarche est strictement protocolisée pour éviter au maximum les risques d’anomalies ou les erreurs techniques. Une mobilisation de toutes les équipes qui dure déjà depuis plusieurs mois. « Depuis le 9 mars dernier nous avons réalisé 140 000 tests PCR, avec une moyenne de 5 à 6 % de taux positifs. En novembre dernier, le taux de positivité était plutôt de 15 à 20 % ». Bioxa réalise plus de 65 % des tests du département de la Marne, à hauteur d’environ 1 200 tests par jour, soit 6 000 par semaine. « Notre record est de 1 850 tests en une journée fin octobre. Pendant les périodes de pics, notre personnel et nos techniciens étaient mobilisés jour et nuit pour faire face à l’affluence. Sachant que notre objectif est de tester un maximum de monde et que 95% des résultats des tests soient connus dans les 12 heures. » Cette mobilisation a porté ses fruits puisque Bioxa a vu son chiffre d’affaires bondir en 2020 : après avoir réalisé un chiffre d’affaires proche de 30 M€ en 2019, le groupe a clôt l’année 2020 à 37, 8 M€, malgré une activité hors Covid en baisse. « Au quotidien, nous aurions sans doute préféré ne pas avoir ce pic d’activité », souligne Olivier Savin qui rappelle aux esprits chagrins que le coût d’un test est compris entre 75 et 79 euros en France (incluant le test, le coût de prélèvement, l’élimination des déchets et le paramétrage des informations du patient) selon les tarifs fixés par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, tandis que ce coût s’élève à un montant compris entre 100 et 300 euros dans les autres pays d’Europe.

Et face à la mutation du virus, qui inquiète les autorités, Bioxa s’apprête à recevoir un nouveau kit de ciblage lui permettant de détecter les différents variants dans les tests. Quant à la vaccination, si les laboratoires ne sont pas encore sollicités, ils se tiennent prêts à apporter leur contribution si nécessaire. « Le syndicat des biologistes a d’ores et déjà proposé l’aide de la profession pour accompagner la vaccination », précise le Dr Savin.

Chaque analyse réalisée par les automates fait l’objet d’un contrôle de la part du personnel de Bioxa.

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