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Twinswheel, une autre unité de Soben, développe de petits véhicules autonomes destinés à la livraison du dernier kilomètre.

Des amortisseurs aux robots autonomes, il n’y a qu’un tour de roues… L’entreprise cadurcienne Soben et sa business unit Twinswheel sont passées à la vitesse supérieure. Leurs droïdes de livraison seront en totale autonomie cet été dans les rues de Montpellier. Elle est l’unique entreprise française à expérimenter ces robots de transport IRL.

Fondée en 2005 à Cahors par Benjamin Talon, la PME Soben a réussi à prouver qu’elle pouvait jouer dans la cour des grands. « Je suis parti avec 1000€ en poche, se souvient le fondateur, j’étais ingénieur-calculs chez Renault Sport Technologies. Je m’étais promis de devenir entrepreneur, je n’ai pas pris de congés pendant un an pour économiser et je me suis lancé. »

L’entrepreneur a tout de suite compris qu’il fallait innover pour se démarquer. ses excellentes connaissances en motorisation et en mobilité, il a commencé à concevoir et à fabriquer des trains d’atterrissage de nouvelle génération, bourrés d’intelligence artificielle. « On fabrique tout à Cahors, de la carte électronique à l’assemblage, c’est ce qui nous permet d’être compétitifs face à de grands groupes », souligne le gérant.

Soben travaille avec de grands constructeurs dans trois secteurs : le militaire, l’automobile et l’aéronautique. Parmi ses clients, on peut citer Renault, Peugeot-Citroën, Navya, Arquus, Airbus Helicopters, Latécoère, Lilium, IAI (Israel Aerospace Industries), etc. Dix salariés font tourner cette entité historique.

La PME n’a pas vraiment subi l’effondrement des commandes dans l’aéronautique ces derniers mois. « Nous n’avons pas tout misé sur les grands donneurs d’ordre, explique Benjamin Talon. De petits constructeurs israéliens ou allemands ont pris le relais, on s’en sort plutôt bien. » Le chiffre d’affaires moyen avoisine 2 M€ par an.

L’entreprise est en plein déménagement pour doubler sa surface de production des amortisseurs.

LES DROÏDES, UN MARCHÉ NAISSANT

Ce qui fait courir Benjamin Talon depuis trois ans, c’est Twinswheel, une autre unité de Soben dirigée par son frère, Vincent Talon. La BU s’est spécialisée dans le développement et la fabrication de petits véhicules autonomes destinés à la livraison du dernier kilomètre, des robots tous terrains.

« Il y a une énorme appétence pour ce type de produits, explique Benjamin Talon. Il ne s’agit pas de remplacer l’humain mais de faire effectuer la tâche pénible par ce robot. »

Par exemple, chez Enedis, le robot va suivre le technicien et porter ses outils. Il peut transporter jusqu’à 150 kilos.

Une expérimentation est en cours dans le cadre du programme gouvernemental SAM Evra (projet pour la Sécurité et l’Acceptabilité de la conduite et de la Mobilité autonome).

Les robots sont déjà en test à Montpellier, utilisés par la Poste et STEF logistique. Ils seront lâchés en mode autonome, cet été au cœur de l’Écusson. Ils vont traverser la zone piétonne et livrer les commerçants, évitant ainsi aux camions d’encombrer la ville. « On a mis beaucoup d’intelligence artificielle et sociale dans nos robots. Ils sont capables d’interagir avec nous, ils peuvent analyser une cinquantaine d’expressions », explique Benjamin Talon.

L’activité robotique est un véritable relais de croissance pour l’entreprise. Le chef d’entreprise se projette déjà en 2027 avec un CA de 50M€.

Soben a bénéficié d’un plan de relance de 1,2 M€, soutenu par la Région Occitanie et l’Ademe. « On veut continuer à développer à moins de 100 kilomètres de chez nous. Sur le marché des robots, nous n’avons que deux solutions : soit on est moteurs en France, soit on laisse émerger le marché chinois », conclut-il.

Soben est prêt à relever les défis du futur, ce n’est pas R2d2 qui dira le contraire…

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