Avec ses antennes miniatures, Anywaves vise l’Asie

Nicolas Capet Anywaves

Nicolas Capet a fondé Anywaves en 2017.

Élue start-up de l’année dans le cadre du concours régional Les Inn’Ovations, l’entreprise toulousaine poursuit sa R & D et souhaite étendre son marché à l’international.

Après avoir levé 1,5 M€ l’an dernier pour soutenir ses projets innovants d’antennes satellites miniatures, et augmenter sa puissance commerciale, avec l’émergence du New Space, en rupture avec le marché traditionnel, la start-up cible actuellement un secteur en pleine expansion, celui des minisatellites. « Aujourd’hui, on utilise des satellites miniaturisés qui offrent un service complémentaire au système traditionnel. Les antennes présentes sur le marché n’étaient ainsi pas adaptées à cette nouvelle génération de plateforme satellitaire. C’est à partir de ce constat, et en complément d’une technologie que j’ai conçue au Cnes pour développer des antennes miniatures en céramique 3 D, qu’est née Anywaves en 2017 », explique Nicolas Capet, fondateur de la start-up après huit ans d’expérience en tant qu’ingénieur antennes au Cnes.

Depuis sa création, la jeune pousse, qui vise un marché de niche, compte plus de 30 modèles de vol en 2019 (antennes prévues pour être mises en orbite), et a déployé cinq antennes en décembre dernier pour deux missions spatiales : la mission universitaire EyeSat, en collaboration avec le Cnes et la mission Angels sous la maîtrise d’œuvre d’Hemeria avec l’aide du Cnes, le premier nanosatellite français mis en orbite. « Nous avons équipé le satellite EyeSat de deux antennes bandes S et d’une antenne bande X et le satellite Angels de deux antennes bandes S. La bande S sert à réaliser le pilotage du satellite, les nanosatellites étant connectés à 100 % à la station sol à chaque passage, et la bande X a pour rôle de rapatrier les données de la charge utile à haut débit sur terre », détaille le fondateur.

Élue start-up de l’année dans le cadre du concours régional Les Inn’Ovations, et déjà distinguée à trois autres reprises (prix innovation décerné par la Tribune au Space Forum, lauréat du concours i-lab pour pour- suivre la maturation de sa technologie de céramique 3D, concours FinSpace pendant la World Satellite Business Week), Anywaves qui a bénéficié d’une enveloppe de 20 K€ envisage principalement d’améliorer ses supports de communication, de se fournir en ouvrages scientifiques et d’étoffer son atelier de prototypage. « Nous souhaitons l’équiper d’une imprimante 3D. Cet atelier permet d’effectuer des essais, par exemple de pièces d’interface ou d’antennes que nous montons sur des moyens de mesure. Pour l’instant, c’est le Fablab toulousain Artilect qui les réalise car nous ne disposons pas encore de cet outil. Il va nous être très utile pour tester des problématiques d’intégration ou d’outillage et va nous permettre d’accélérer en interne le développement de nos produits, explique le dirigeant. De plus, ce prix accroît notre visibilité auprès de clients potentiels ».

PROJETS EN VUE

La pépite toulousaine, qui collabore principalement avec le Cnes, les universités et les instituts de recherche, compte asseoir sa notoriété au-delà des frontières hexagonales et vise dans un premier temps les équipementiers asiatiques. « En priorité, nous ciblons l’Inde et la Chine. Ensuite, nous nous concentrerons sur le Japon, Singapour, et le marché outre- Atlantique. Nous envisageons de créer des entités commerciales à l’étranger afin de répondre au mieux au marché. L’export devrait représenter à l’avenir plus de 50 % de notre CA car le marché français n’est pas très en avance sur cette technologie, contrairement à l’Asie par exemple ». La start-up a ainsi une carte à jouer et vise la place de leader sur le marché européen. En parallèle, la jeune pousse souhaite décliner sa technologie dans le secteur de la Défense à l’échelle nationale et de l’aéronautique, à travers le monde.

Si développer son marché à l’export est le principal objectif de sa feuille de route 2020, la start-up planche actuellement sur un troisième produit, soutenu par l’Esa qui finance son développement à hauteur de 300 K€. « Il s’agit d’une antenne de navigation qui couvre toutes les bandes de fréquences de constellation satellite, en particulier le système de positionnement par satellites Galileo.

Ce nouveau matériel a pour objectif d’obtenir avec exactitude les données sur la position du satellite en orbite et ainsi de pouvoir le déplacer avec grande précision. Nous livrerons deux modèles de vol à l’Esa en mai », précise-t-il. L’entreprise ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’elle compte commercialiser dès cet été un produit basé sur la technologie de matériau céramique imprimé en 3D. « Pour miniaturiser les antennes, on utilise des matériaux isolants. Les matériaux céramiques résistent à l’environnement spatial, aux températures extrêmes, aux multiples radiations et permettent une miniaturisation optimale. Structurer la matière en 3 D permet d’optimiser les formes et les propriétés électromagnétiques. Ce type de pièce est uniquement réalisable par impression 3D car la céramique est compliquée à utiliser autrement », souligne le dirigeant qui se base sur son ancien brevet.

Forte d’un CA de plus de 650 K€ en 2019, Anywaves compte le doubler en 2020 et lancer de nouveaux recrutements.

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