Aurore Market, une plateforme d’e-commerce solidaire

Aurore Market se définit comme une épicerie solidaire de vente de produits bio, en ligne. Depuis trois ans, elle ne cesse de grandir depuis ses terres aveyronnaises à Bozouls. Les quatre fondateurs ont créé un modèle économique innovant basé sur la solidarité entre les membres. L’entreprise espère doubler son CA cette année et se verrait bien devenir une licorne, sans renier son ADN.

«C’est le cœur même du business model, explique Roman Régis, un des quatre fondateurs. Ça ne bougera pas. Ceux qui achètent des abonnements aident ceux qui ne peuvent pas payer. Notre objectif est de permettre à tout le monde d’avoir accès au bio, à des produits de qualité, sans se ruiner. »

Concrètement, le client va souscrire un abonnement de 5 € par mois pour accéder au catalogue de produits. « Si vos revenus ne permettent pas de payer, il suffit de remplir un formulaire en expliquant votre situation. Nous offrons alors l’adhésion. »

L’entreprise compte 30 000 abonnés et a offert 5 000 adhésions.

MOINS DE DÉPENSES EN CAMPAGNE MARKETING

« Là où certains distributeurs affichent 15 000 références, nous n’en revendiquons que 3 400, explique Roman Régis. Nous privilégions les formats familiaux. »

Les fondateurs jouent ainsi sur les volumes et peuvent se permettre de sélectionner rigoureusement leurs fournisseurs. « On a appris à connaître la composition des produits, les ingrédients. On ne va pas obligatoirement choisir le moins cher, nous sommes à l’opposé de la stratégie des hard discounters. »

Avant de lancer le site, les quatre entrepreneurs sont allés rencontrer les fabricants. Ils ont effectué un gros travail de sourcing, ont fédéré une communauté sur Facebook et ont lancé un financement participatif sur la plateforme Mimosa.

La cible bio et écoresponsable semble assurément la bonne : chaque jour, l’entreprise reçoit une quarantaine de demandes émanant de nouvelles marques éco-bio qui souhaitent se faire référencer sur le site. « Nous voulons montrer qu’Aurore Market est un modèle vertueux. On aide les entreprises de la région à se développer, comme par exemple, la Savonnerie buissonnière à Capdenac. »

Sans toutefois trahir ses secrets commerciaux, Roman Régis assure que les produits sont vendus 30 % moins chers que chez les concurrents, grâce à des marges réduites. Autre technique pour faire baisser les prix, un marketing non agressif : « en moyenne, lorsque vous achetez sur le net, 20 % du montant de votre panier file dans les actions marketing pour vous inciter à revenir. Chez nous, pas besoin, puisque le client a pris son abonnement, il revient naturellement. »

AIDER LES ÉTUDIANTS, UNE OPÉRATION TOUJOURS EN COURS

Le site a lancé une opération de solidarité. La marque C’est qui le Patron a acheté 600 paniers à 30 € pour les étudiants. Les clients sont eux aussi sollicités à travers le site, 2 000 colis ont été envoyés et 10 000 étudiants ont demandé à être aidés.

Depuis l’entrepôt de 2000 m2 à Bozouls, 8 000 commandes sont expédiées tous les mois. L’entreprise compte 50 salariés, dont 10 à Paris pour la fonction support, elle recrute en permanence et file tout droit vers les 10 M€ de CA. Les quatre entrepreneurs vont sortir dans les semaines qui viennent leur propre marque. Ils aimeraient être référencés dans les entreprises solidaires qui leur font déjà confiance.

Roman Régis, Vincent Cotten, Thomas Limbert et Hicham Aissou se sont rencontrés lors de leurs études à l’École européenne des métiers de l’internet à Paris. Très vite, ils ont dessiné les contours de leur entreprise. Une future licorne, « pourquoi pas ? », sourit Roman Régis. Le nom n’a pas été choisi par hasard, « Aurore, c’est un nouveau jour, une nouvelle façon de consommer. »

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