Aréa : une entreprise à l’assise solide

Aréa emploie 45 salariés.

Vous êtes assis très régulièrement sur un banc signé Aréa sans même le savoir. L’entreprise, installée à L’Union en Haute- Garonne est dans le top 5 des fabricants français de mobilier urbain. Aréa travaille essentiellement pour la commande publique, elle s’est imposée sur ce segment grâce à ses recettes familiales. Sœur et frère, Laure Ventach et Gilles Boudou maîtrisent l’intégralité de la chaîne de fabrication.

Bancs, stationnement pour les vélos, corbeilles, grilles d’arbres, bornes… Aréa facilite la vie des citadins. L’entreprise, fondée en 1987, conçoit, fabrique et distribue du mobilier urbain. L’idée est née dans la tête de Michel Boudou, le père de Laure et Gilles, disparu en 2009. Amateur de design, amoureux du concept Ikea, il aime observer, dessiner. Responsable produit chez GES, un équipementier de salles de sport, il s’aperçoit qu’il existe un monopole autour des bancs publics. Inspiré par le métier naissant de paysagiste, il décide alors de concevoir un espace global pour la rue. « Il sera le premier généraliste de mobilier urbain », précise Gilles Boudou.

LAISSER PARLER LE PRODUIT

Pas besoin de grands discours, l’entreprise s’est développée sans commerciaux, « notre père ne voulait pas de commerciaux en déplacement permanent. Il a développé l’entreprise grâce au télémarketing. Une approche commerciale novatrice qui prend tout son sens aujourd’hui avec la pandémie », ajoute Laure Ventach.

Alors que les concurrents proposaient des catalogues avec une liste de produits, Aréa instille de l’humain et du végétal sur ses photos. « Un banc seul, sans personne, ça fait peur », précise Gilles Boudou. L’entreprise met ses produits en scène en affichant clairement les prix. « Quand on conçoit du mobilier, on pense à son prix dès le départ », poursuit Laure Ventach. Les clients sont en majorité des collectivités locales, aussi ajoute-t-elle: « nous devons être les plus vertueux et rigoureux possibles, c’est de l’argent public. »

Gilles Boudou a rejoint l’entreprise en 2005, diplômé de Sup de Co Toulouse. Laure Ventach, elle, est arrivée en 2007, diplômée en architecture. « Enfants, nous étions déjà aux côtés de notre père dans l’entreprise. La succession s’est imposée naturellement, on a réussi à devenir dirigeant sans vraiment de formation », se souvient Gilles Boudou.

UNE ACTIVITÉ LIÉE AUX ÉLECTIONS

Dépendante des décisions des collectivités publiques, l’activité d’Aréa s’inscrit dans un temps long reconnaît le dirigeant. Avant de commencer à produire, il faut répondre aux appels d’offres. Une fois le marché en poche, la conception peut commencer. Mais plusieurs années peuvent s’écouler, à l’image du marché de l’Île du Ramier à Toulouse. « L’heure est à la démolition de l’ancien parc des expositions. Dans cinq ans seulement, on devrait voir fleurir les bancs », explique Gilles Boudou. Soumise au rythme des périodes électorales, l’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires annuel moyen de 10 M€ et emploie 45 salariés, doit adapter sa logistique et sa trésorerie.

LA VILLE DE DEMAIN

Le frère et la sœur sont complémentaires : Gilles Boudou repère les tendances et Laure Ventach dessine. Area se développe aujourd’hui en Allemagne où les cofondateurs ont séjourné pendant leurs études et ont gardé des contacts. Mais pas question toutefois de voir trop grand : les dirigeants restent très attachés au retour du terrain, au contact des paysagistes.

Tous deux sont convaincus que la crise liée au Covid a fait prendre conscience de l’importance de l’extérieur. « On a un nouveau besoin de confort urbain, c’est la ville du quart d’heure. Sans prendre la voiture, les gens veulent avoir accès aux loisirs, aux espaces verts. C’est le retour des tables de ping-pong, des paniers de basket dans les parcs… » Des produits qui ont fait le succès de l’entreprise, à ses débuts.

Le fabriquant affiche 10 M€de CA en moyenne par an.

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