Apprentissage et industrie : opération séduction

Patrice Autier, responsable du pôle formation UIMM, dans l’un des ateliers du site rémois.

Si l’apprentissage a le vent en poupe, le secteur de l’industrie peine à trouver des compétences pour combler tous les postes à pourvoir. L’UIMM prend ce constat très au sérieux.

Lors de cette rentrée 2019, 200 candidats marnais sont entrés sur la voie de l’apprentissage : 22% en niveau Bac Pro, 47% en niveau BTS et 31% en ingénierie. Si ces chiffres paraissent satisfaisants, il reste quand même 40 postes à pourvoir dans plusieurs domaines de l’industrie. Pour Jérôme Ferreira-Reis, délégué territorial de l’UIMM de Reims, cette difficulté à recruter est « difficile à comprendre, surtout en considérant le taux de chômage dans l’industrie et les travaux publics ». Ce potentiel de recrutement majeur est d’autant plus marqué que 38,4% des effectifs du secteur ont plus de 50 ans, « c’est-à-dire que près de 14 000 personnes vont partir en retraite dans les dix pro- chaines années », précise-t-il. Recruter pour former et anticiper ces départs en retraite est certes une priorité, mais encore faut-il réussir à trouver les compétences. Et c’est là tout le défi de l’UIMM.

Avec des secteurs industriels de formation très divers, la Marne propose encore trop d’offres à pourvoir : 10 en maintenance, 10 en électrotechnique, 9 en conduite et gestion de production, 5 en chaudronnerie, 3 en usinage et 3 en systèmes numériques. Avec un taux d’insertion en entreprise qui grimpe à 88% à 6 mois, l’apprentissage permet aux jeunes d’apprendre un métier sur la longueur, dans le cadre d’une formation gratuite, tout en étant rémunérés, avec la responsabilité d’un contrat d’apprentissage : « C’est un contrat de travail à part entière, souligne Jérôme Ferreira-Reis, signé avec l’entreprise ». Delphine Daniaud, conseillère en formation, considère la recherche de l’entreprise comme une étape primordiale. « Sur 200 candidats, nous prenons 500 contacts avec des entreprises. Nous nous transformons en vraie agence de pré-recrutement, pour faciliter les rencontres ».

ÊTRE LE TRAIT D’UNION

C’est dans ce rôle et cette optique que l’UIMM organise, à Reims, mercredi 2 octobre, un job dating. « Il s’agit de créer la rencontre entre des futurs alternants et des entreprises industrielles qui ont encore des postes à pourvoir ».

Plus qu’un second tour à l’embauche d’apprentis, ce temps fort vise à présenter à nouveau les atouts des formations diplômantes en alternance, mais aussi à mettre en valeur les nouveautés de l’établissement, comme par exemple la prépa apprentissage, qui fait sa première rentrée officielle le 21 octobre : « un sas de remise à niveau pour des candidats qui ne sont ni en emploi, ni en formation, issus de zones rurales ou prioritaires, et qui n’ont potentiellement pas le bac », précise Patrice Autier, responsable du Pôle Formation UIMM Champagne-Ardenne. Une offre de plus, donc, pour remédier au désert progressif et injustifié de l’apprentissage industriel.

« L’APPRENTISSAGE EST VRAIMENT VALORISANT »
Paul Lebonvallet, apprenti en chaudronnerie, et Paul Léger, apprenti en maintenance système, tous deux 19 ans, sont unanimes : « L’apprentissage permet d’acquérir très tôt de précieuses années d’expériences. Pour qui a la volonté et le goût de l’effort, il ne faut pas hésiter ou chercher mieux ailleurs : la voie de l’apprentissage est vraiment valorisante ».

Paul Lebonvallet (à gauche), et Paul Léger.

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