Ambitions stratosphériques pour Exotrail

David Henri

David Henri, cofondateur d’Exotrail.

La start-up spécialiste des petits satellites s’affirme déjà comme l’un des futurs grands du New Space.

Plus petits, plus agiles, moins chers. Les nano et microsatellites offrent aux acteurs de l’espace des technologies novatrices dans les domaines de l’observation, des télécommunications ou de l’internet des objets. Dans les années à venir, des milliers de petits satellites vont être déployés en constellations, le New Space est en orbite. Née il y a deux ans seulement, la jeune pousse Exotrail, qui conçoit et assemble des propulseurs électriques pour des engins de 10 kg à 100 kg, affiche de très fortes ambitions, sur ce marché naissant au potentiel énorme. Lancée en région parisienne par quatre associés au sein de l’école Polytechnique, l’entreprise a installé une antenne à Toulouse en 2018. « Une évidence, affirme David Henri, cofondateur de la start-up. Nous proposons des technologies de rupture, des solutions miniaturisées et des logiciels d’opérations qui permettront d’optimiser les performances et de réduire les coûts des services satellitaires. À Toulouse, nous sommes au cœur de l’écosystème spatial, au plus près des jeunes talents et des partenaires industriels et financiers (Airbus Defence & Space, Thales Alenia Space, Cnes, Irdi, Nexeya…).

PUISSANCE, PRÉCISION, AGILITÉ

Parrainée par Thales Alena Space, lauréate du concours i-Lab, Exotrail a aujourd’hui les moyens de ses ambitions sur le marché mondial. « En quelques mois, nous sommes passés d’un concept à un prototype entièrement intégré. Nos produits seront sur le marché dès 2020, ils intéressent de nombreux opérateurs partout dans le monde, assure le dirigeant. En 2015, aucun microsatellite n’avait encore volé, dans les années qui viennent, la demande va exploser. Nos solutions offrent une poussée très supérieure aux technologies existantes et des manœuvres plus rapides pour atteindre l’orbite. La propulsion, qui intervient à toutes les étapes, permet aussi d’éviter les collisions et de faire revenir le satellite dans l’atmosphère à la fin de la mission pour ne pas générer de pollution spatiale. » Ces petits satellites, plus agiles et moins onéreux, peuvent être lancés avec les plus grandes fusées. « Les gros lanceurs sont moins chers mais sont aussi moins précis. Avec la technologie Exotrail, cet inconvénient est compensé, nos clients peuvent choisir leur orbite », précise David Henri.

La start-up, qui connaît une très forte croissance, a levé 6 M€ de fonds publics et privés, c’est le montant le plus élevé en France, sur le marché des petits satellites. Ses effectifs ont bondi de 6 à 19 personnes et de nombreuses embauches sont prévues, y compris pour l’antenne toulousaine où travaillent pour l’heure quatre personnes. Dans les cinq prochaines années, l’entreprise espère voler très haut vers le succès et vise un CA de plusieurs dizaines de millions d’euros. Exotrail compte bien s’imposer comme un leader mondial sur la planète Terre.

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