Aisan Industry entame sa révolution

Aisan Industry France : Après un plan social en 2019, la filiale française de l’entreprise japonaise spécialisée dans l’équipement automobile prend un virage industriel.

Entièrement consacrée à la fabrication de pompes de réservoir automobile en plastique injecté, Aisan industry affiche des chiffres qui font frémir : 51 emplois supprimés (50 % de l’effectif ) dans le cadre d’un PSE (Plan social) en 2019, une perte de chiffre d’affaires de 58 % en 2020 (de 17 à 10 millions d’euros) et une production en berne (de 13 à trois millions d’unités entre 2018 et 2020). En cause ? Un marché de l’automobile en pleine mutation et assez simple : dans les véhicules électriques, il n’y a pas de réservoir… Si la situation devrait faire fuir n’importe quel chef d’entreprise, Marie Simon la nouvelle responsable marketing et communication affiche pourtant un large sourire. Et pour cause. Recrutée en septembre 2020, cette ancienne du BTP incarne le virage technologique que prend Aisan, installée à Nevers depuis 1986 sous l’étendard Thomson, puis Bitron jusqu’en 2007 : « Nous avons investi 1,5 million d’euros dans 12 nouvelles presses automatiques, semi-automatiques ou manuelles et dans la création d’un service marketing qui, jusque-là n’avait pas lieu d’être, puisque nous ne travaillions qu’en direct avec des constructeurs ». À terme – fin 2023 -, Aisan projette de se diversifier : inonder le marché de la pièce détachée mais aussi se « débarrasser » de son produit unique à hauteur de 70% : « Nous avons un vrai savoir-faire dans la technique du plastique injecté, avec des gens qui sont ici depuis 20, 25 ans ». S’ajoute à cela la R&D capable de répondre avec ou sans cahier des charges : « C’est cette maîtrise que nous voulons proposer à d’autres technologies et d’autres entreprises. »

UN PROJET D’ÉQUIPE

Le changement, c’est donc maintenant. Et, dans un contexte post-PSE et de « vieilles habitudes », la démarche, qui n’est pas sans risque, fait elle aussi l’objet de sa petite révolution. « Nous avons créé des groupes de travail avec les salariés pour réfléchir aux produits, aux process de fabrication. S’il y a évidemment de l’inquiétude, il y a aussi une vraie motivation. C’est vraiment un projet d’équipe », insiste Marie Simon.

Si elle refuse d’être vue comme « le sauveur », la situation est pourtant claire : l’entreprise joue son avenir industriel, mais sans urgence. « Le directeur de l’usine, Nicolas Berhaut a très tôt anticipé ces changements à venir parce qu’il était auparavant responsable qualité et a une connaissance profonde de l’entreprise, ce qui nous permet aujourd’hui de mettre en place sereinement tous les leviers qui vont conduire Aisan à diversifier sa production ». Derniers clients en date, la société Bike Air – qui fournit des vélos à la location – mais aussi le Pôle Véhicule du futur à Magny-Cours illustrent un autre virage : « sur les pompes, nous ne pouvons pas utiliser de plastique recyclé – même si les déchets plastiques sont broyés et réutilisés. La crise a changé quelque chose de fondamental : la conscience environnementale de l’industrie mais aussi la nécessité de travailler sur le local ». Enfin, les 11.000 mètres carrés de bâtiments couverts d’Aisan Industry vont permettre d’offrir une plus-value : la logistique. « C’est un aspect qui n’était pas pris en compte mais c’est un service important que nous pouvons apporter : stocker et expédier directement pour nos clients ». Rendez-vous donc fin 2023 !

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