À l’assaut de nouveaux territoires

Olivier Godon (à gauche) donne un nouveau souffle à l’entreprise Albareil qu’il a rachetée en 2015 mais qui existe depuis 1976.

Le spécialiste de cuisines professionnelles basé à Souillac (Lot), Albareil, poursuit son développement avec l’achat de la société Avlis dans la Ville rose et de Boussac à Cahors. 2021 est aussi synonyme de lifting pour l’entreprise qui redore son image.

À rebours d’une société qui s’étiole, la ténacité devient une qualité exemplaire. Tandis que bon nombre de ses clients subissent un arrêt administratif et tentent coûte que coûte de se réinventer pour ne pas sombrer, le spécialiste des cuisines professionnelles Albareil, qui rayonne principalement dans le Lot, la Corrèze et la Dordogne, ne baisse pas les bras. Et ce, malgré « une baisse de 15 % de notre chiffre d’affaires par rapport à 2019, 80 % de nos clients étant fermés, notamment dans le Lot », indique son président, Olivier Godon. Pour autant, même si son projet de développement a été retardé de huit mois, le groupe a fait, en décembre, l’acquisition de deux sociétés phares en région, Avlis à Toulouse et Boussac à Cahors, en vue de poursuivre son extension en étoile. Son objectif est de se positionner comme un acteur majeur dans un segment de marché où de nombreuses PME locales et quelques grands groupes nationaux jouent des coudes.

Le groupe prend ainsi le pari, dans une période tendue, de poursuivre une stratégie qui devrait s’annoncer gagnante sur le territoire régional et espère ainsi retrouver en 2021 un chiffre d’affaires identique à 2019 à savoir 8M€. « Nous intervenons le plus souvent dans des territoires ruraux, avec aujourd’hui un développement business restreint. Ces deux rachats vont nous permettre de renforcer notre savoir-faire et d’asseoir notre notoriété davantage dans le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Gers et a Haute-Garonne. Grâce notamment à la métropole toulousaine, nous allons étendre notre activité en équipant plus d’infrastructures publiques et de restaurants », explique le dirigeant. Un développement qui s’accompagne d’ailleurs d’un lifting. « Nous modernisons la charte graphique, ce qui reflète notre dynamisme insufflé cette année. Ainsi, toutes les entités porteront le nom d’Albareil ». Histoire d’unifier le groupe.

En marge de ces deux rachats, l’entreprise entend mutualiser ses connaissances à travers un bureau d’études commun, afin de répondre à toutes les demandes. « Les équipes toulousaines ont un vrai savoir-faire concernant des projets publics tandis que les équipes du Lot sont davantage axées sur des projets sur mesure dédiés aux petits restaurants. Nous envisageons de diffuser l’ensemble de nos connaissances sur toutes nos structures afin d’élargir notre éventail d’intervention. »

DES CHANTIERS RETARDÉS

Pour l’heure, malgré ce déploiement, l’entreprise qui collabore avec des partenaires français, italiens et allemands, tient également le cap grâce à l’activité de maintenance, qui représente 25 % de son chiffre d’affaires. Le reste du temps, l’équipe s’affaire à la recherche de prospects. « Même si l’entreprise tient bon, nous restons cependant dans le brouillard, confie le président. Notre santé financière dépend en grande partie de la reprise des restaurateurs, même si certains acteurs profitent de cette période pour réaliser des travaux au sein de leurs établissements ou ouvrent un food truck, ce qui représente pour nous, un nouveau segment de marché. Cependant, ce n’est pas la majorité, il faut avoir les reins solides pour se réinventer. » Les chantiers initialement prévus en 2020, reportés en 2021 vont également permettre à Albareil de « limiter la casse.» Des projets de rénovation sont ainsi dans les tuyaux et vont redonner du souffle à l’entreprise. Parmi eux : la rénovation de l’école des métiers à Cahors, le lycée hôtelier à Souillac, le restaurant gastronomique Delicatessens à Gourdon, le Relais des Gourmands à Gramat, l’école élémentaire Simone-Veil de Colomiers, le site du lycée Saint-Exupéry de Terrasson, etc ; auxquels s’ajoutent quelques chantiers prévus pour les métiers de bouche.

Si l’activité de l’entreprise est principalement ancrée en Occitanie, ses compétences dépassent parfois les frontières régionales. « Nous aidons des clients à monter des projets sur l’ensemble de l’Hexagone. » Cependant, l’entreprise envisage avant tout de consolider sa présence en région avant de passer à la vitesse supérieure et réfléchit à de nouveaux services, qui pour l’heure, ne sont pas dévoilés.

Albareil, qui emploie 45 collaborateurs au total dont 20 salariés à Toulouse, et intervient sur sept départements, met aussi un point d’honneur à former des apprentis. « Nous avons un partenariat avec un lycée professionnel à Souillac. Depuis que j’ai racheté l’entreprise en 2015, cela me tient à cœur. Mon job de chef d’entreprise est aussi de former la jeunesse », conclut-il.

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